L'artillerie du fort / sommaire


Au cours du 18ème siècle, l’armement moyen de la forteresse est de vingt pièces d’artillerie. Les pièces d’artillerie sont soit en place "en batterie" et posées sur affût marin, soit entreposées dans les magasins d’artillerie. "Le château du Taureau est inattaquable par sa situation ; les vaisseaux sont absolument obligés de passer sous son feu ; pour lui rien n’est à craindre de leur part", voilà ce que l’on peut lire dans un mémoire manuscrit sur l’état des côtes de Bretagne composé par ordre du duc d’Aiguillon en 1759. Les pièces d’artillerie du fort du Taureau sont orientées vers les chenaux où passent les navires. L’artillerie est à double batterie. La batterie haute permet de tirer à longue distance dans toutes les directions : vers le Chenal du Cornu, vers le Grand Chenal à l’Ouest, vers le Chenal de Callot, vers le Jardin du Roi, et enfin elle est capable de protéger les arrières du fort en tirant vers la rivière de Morlaix et la rade abri. La batterie haute a pour premier objectif d’immobiliser les navires ennemis en détruisant leurs mâtures. La batterie basse permet de faire feu sur le Grand Chenal à l’Ouest qui est la seule passe pour les navires à fort tirant d’eau. Si ces canons doivent servir, ils sont mis en œuvre après la batterie haute et ils interviennent en dernier recours, l’objectif étant alors de couler le navire ennemi. Le calibre des canons de la batterie basse est d’ailleurs le plus important du fort avec des pièces de 24 livres de balle pour tirer sous la ligne de flottaison.

Que retenir de l’armement du fort du Taureau ? Les états de l’artillerie intervenant avant chaque guerre maritime dressent un bilan catastrophique, de nombreuses pièces d’artillerie sont hors service, mais l’artillerie ne s’améliore pas pour autant, le château récupérant toujours de vieux canons.