L'artillerie du fort après 1780 / sommaire


En 1780, la plate-forme du fort est adaptée à la nouvelle artillerie, dite Gribeauval : il s’agit de pouvoir recevoir de nouveaux affûts de côte pour la batterie haute. Douze embrasures dans le parapet de la plate-forme sont donc bouchées et le couronnement est abaissé. Les nouveaux canons sont orientables grâce au châssis, cela permet de pointer un vaisseau en mouvement. Le tir des canons de la batterie haute est désormais plus précis. Les canons n’ont jamais connu de combat maritime et c’est tant mieux au vue de leur état. La fonction du fort du Taureau a surtout été dissuasive. Les seuls coups de canon ont été tirés à l’occasion de la naissance des princes et lors des tournées d’inspection de l’armement… le résultat fut à chaque fois cataclysmique, toutes les vitres du fort volant en éclat…

En 1855, 4 des 11 casemates (n° 2, 4, 6 et 10) sont armées par des canons de 30 livres modèle 1840 sur affût de fer modifié. D’'un calibre de 164,7 mm, les boulets pleins pèsent 15,34 kg et les obus 10,52 kg. La batterie basse est conçue pour tirer vers la passe de 200 mètres de largeur à bout portant... La batterie haute est constituée de 9 obusiers de 22 cm modèle 1827 sur affût de fer. D’'un calibre de 221 mm, les obus pèsent un peu moins de 26 kg. Des "rigoles" ont été creusées sur la plate-forme pour guider les roulettes des affûts à châssis pivotant.

Au cours de la dernière période de tension politique avec l’Angleterre (Affaire de Fachoda, 1898), le département de la Marine procède à l’installation de quatre canons à tir rapide sur la terrasse du fort, afin que le château serve de centre de dépôt et de ravitaillement pour les torpilleurs.