Onze prisonniers, pas plus ! / sommaire

Le fort du Taureau ne dispose que de onze places pour les prisonniers par lettres de cachet, ainsi, à plusieurs reprises, le capitaine du château est obligé de refuser du "monde" – il est vrai aussi que les prisonniers sont des sources de soucis supplémentaires pour lui. C’est le cas de la famille de monsieur Le Goff du Plessis de Guéméné en Bretagne, qui demande à faire enfermer un de ses membres : il a quarante et un ans, dix-huit dans sa tête, il est violent par caractère, sombre et emporté... allant dans les cabarets, les tripots, ces lieux communément consacrés à la licence et à la prostitution sont sa retraite habituelle. L’avis de l’Intendant de Bretagne a été favorable à la famille, mais il n’y a plus de place au château pour ce sérieux client. Reste à lui trouver une place dans une autre maison de force.

Les maisons de force destinées aux hommes en Bretagne sont peu nombreuses. Nous ne trouvons que le dépôt de mendicité de Rennes, l’Hôpital de Saint-Méen et le château du Taureau. En cas de besoin temporaire, on peut faire appel aux Hôpitaux de Lannion, Lanmeur, les châteaux de Nantes, Brest, Saint-Malo, Belle-Ile, l’Hôpital des Sanitats à Nantes. Le Couvent des Récollets sur l’Ile Verte est réservé aux ecclésiastiques. Hors de la Province, nous trouvons aussi des prisonniers bretons au château de Saumur, au Mont Saint-Michel, chez les Frères des Ecoles Chrétiennes dits Frères Ignorantins d’Angers, chez les Cordeliers de Montjean près de Cholet, chez les frères de la Charité à Pontorson, chez les Frères Saint-Yon à Rouen, chez les Bons Fils et à Bicêtre. Enfin, la Bastille a accueilli quelques gentilshommes bretons.