Jean-Siméon Garangeau est né en 1647 sous le règne de Louis XIV, il est d’origine parisienne. Son père, François, qui l’initie au dessin géométrique, était maître menuisier. On le retrouve en 1672 volontaire dans l’armée ; il participe au siège de Maastricht où Vauban est blessé. Capitaine au régiment de Champagne, il a le bras cassé par un coup de mousquet durant une bataille. Réformé, il s’oriente vers les Arts, voyage en Italie et en Angleterre.


Légende : Plan et coupe du fort,
fait à Brest le 1er décembre 1692 par Garangeau (Sources : Service Historique de l´Armée de Terre, Château de Vincennes).



En 1677, on le découvre architecte à Paris, puis « contrôleur des Bâtiments de Versailles et de Fontainebleau » l’année suivante.
Il est reçu ingénieur du Roi en 1678 puis supervise les travaux de l’arsenal de Marseille en 1679 avant d’être nommé à Brest en 1682. En poste pendant dix ans à Brest, Vauban le nomme « ingénieur en chef et directeur des fortifications de Saint-Malo ». En 1689, lors d’une des tournées, Vauban loge à Saint-Malo chez Garangeau, qui s’occupe des travaux d’urbanisme et d’accroissement de la ville de Saint-Malo.

C’est en grande partie aux travaux de Jean-Siméon Garangeau, ingénieur architecte du Roi et « élève » du talentueux Vauban que nous devons le château du Taureau tel que nous le connaissons aujourd’hui.

En 1715, on apprend qu’un certain Frézier est sous les ordres de Garangeau.

Garangeau meurt à son domicile au 2e étage de la rue Saint-Vincent à Saint-Malo le 25 août 1741 à l’âge de 94 ans [PETOUT P., « L´ingénieur Garangeau à Saint-Malo (1689-1741) », Annales de la Société d´Histoire et d´Archéologie de Saint-Malo, 1989, p. 199.].

Très remarquable architecte auquel on doit de très nombreux travaux, en particulier les suivants :
- Les forts de l´île d´Harbour, de la Latte en Plévenon, du Petit Bé, de la Conchée, de l´Ile aux Moines.
- Les travaux au château du Taureau et à la tour de Solidor,
- La canalisation du Couësnon, celle des marais de Dol,
- Plusieurs batteries et tours à feux,
- Les hôpitaux de Morlaix et de Cézembre,
- Les églises de Saint-Louis de Brest, de Saint-Servan, de Cancale, la chapelle Saint-Sauveur de Saint-Malo,
- Les répartitions des remparts de Brest et de Dinan,
- Les accroissements de Saint-Malo,
- Les projets de Saint-Servan,
- Plusieurs malouinières (maisons de campagne de Saint-Malo)
[Garangeau (alias Garengeau) d'après BLANCHARD (A.), Dictionnaire des ingénieurs militaires 1691-1791, Montpellier, 1981, 2 tomes.].