En 1745, le fort est totalement achevé... / sommaire


Alors que la France entre à nouveau en guerre après trente ans de paix navale, le fort est totalement achevé. Le schéma directeur de la reconstruction est celui de Vauban, mais ce furent les ingénieurs Garangeau et Frézier qui menèrent la reconstruction à son terme. Entre les deux phases, des efforts constants furent maintenus pour tenter d’agrandir le fort, mais c’est finalement un plan très proche de celui du tout début des travaux à la fin du 17ème siècle, qui fut mis en œuvre. Si économie et fonctionnalité semblèrent toujours guider l’évolution des travaux, en réalité il y eut toujours décalage entre les divers besoins et les possibilités réelles de l’édifice.

Malgré sa relative proximité avec la terre ferme, le château n’en demeurait pas moins isolé en mer et la vie rude. Pour cette raison le Roi décida d’y installer une maison de force dont la particularité était d’emprisonner des gentilshommes de bonne famille bretonne. D’abord gardé par la population littorale enrégimentée dans une compagnie Franche, la place fut confiée à un détachement d’Invalides en 1745. Il fallait donc à la fois loger individuellement les prisonniers dans les casernes des soldats réaménagées, et assurer un confort relatif aux soldats. C’est cette difficile cohabitation que nous nous sommes attachés à mettre en évidence en exposant en parallèle les conditions d’existence des Invalides sur le rocher et les conditions d’emprisonnement des gentilshommes dans la forteresse. Il fallait évoquer le sort de ses anciens soldats qui finirent leur jour à l’ombre d’épaisses murailles. Il fallait raconter la vie de ses prisonniers, évoquer le nom de ceux qui y passèrent une longue partie de leur existence aussi bien que ceux qui y effectuèrent un bref séjour.